DODGE VIPER RT 10 1992-3 DE Burago
Nov 30, 2007
By admin
Filed in Annee 1990, Dodge
DESIGN
Une discussion entre Bob Lutz (directeur de Dodge) et Carroll Shelby (ami de Iacocca et père de la Cobra) arrive sur le fait que la Cobra demeure l’une des plus remarquables voiture de sport américaine et reste jusqu’alors sans réelle concurrence. Même si la Corvette s’améliore de génération en génération, elle n’a pas cette sauvagerie brute qui caractérisait la Cobra. Bob Lutz, partisan d’une nouvelle philosophie des produits Dodge, pense donc fortement qu’il ne faut pas laisser la Cobra sans un digne successeur. “La Viper n’est pas une voiture pour n’importe qui”, dit-il, “c’est un modèle destiné aux enthousiastes qui aspirent à quelque chose de grandiose. Pas plus, mais pas moins”. A ce stade, le cahier des charges semble clair : en mettre plein la vue ! Dévoilée le 4 janvier 1989, au salon de Detroit, le concept-car Viper RT/10 atteint pleinement son objectif et suscite un enthousiasme démesuré. L’étude de marché est effectuée en un temps record, la volonté de l’Europe de voir la Viper sur ses routes ne faisant qu’accélérer le processus. Cela dit, le concept-car de base, pour rentrer dans les normes de sécurité indispensables à sa commercialisation, doit connaître quelques modifications, dont un rehaussement de la hauteur du pare-brise. Le 18 mai 1990 à Los Angeles, la construction de la Viper est officiellement annoncée par Chrysler. Un an après, la Viper est le Pace-Car des fameux 500 miles d’Indianapolis, la course américaine la plus populaire. Au volant, un Carroll Shelby fier d’avoir réalisé la descendance de sa Cobra. La Viper entre définitivement en production en 1992. Il n’existe alors qu’un modèle de la Dodge, la RT/10, uniquement disponible en rouge pour la première série. Puis, le noir sera la seule couleur alternative de 1993 à 1994, date à partir de laquelle on pourra préférer le “Bright yellow” ou “l’Emerald green”. Aujourd’hui encore, cette beauté fatale a tout pour séduire. D’un point de vue
esthétique, la Viper de série est proche du prototype de 1989. Belle à contempler sous tous les angles, elle possède le charme de l’autre grande sportive américaine dont elle se veut l’héritière spirituelle, la Cobra. L’immense capot avant, abritant le fameux V10, la forme de la grille avant, le design général de l’arrière et les sorties d’échappement latérales (factices en Europe) sont semblables aux deux autos. La version de série est cependant dotée d’un gros arceau fixe, juste derrière les appuis-tête. Les rétroviseurs agrandis, le pare-brise renforcé (moins beau mais sans doute plus solide)
et d’autres détails de ce genre font de la Viper de série une voiture plus “civilisée” que le prototype. Même si le design est moins radical, la Viper reste très agressive. Ses roues de 18″ chaussées de gommards taille XXL en disent long sur son potentiel d’accélération. Les supercars du début des années 90 (Lamborghini Diablo, Corvette ZR-1, Bugatti EB110,…) sont impressionnantes, certes, mais pas autant que le serpent de Détroit. Si elle n’est pas plus rapide que ses adversaires, elle est bigrement plus osée esthétiquement parlant que ses rivales. Notez que la capote de la Viper n’est pas aussi superficielle qu’elle en a l’air. D’une part son efficacité contre la pluie est bien réelle à l’arrêt, d’autre part il est parfaitement possible de rouler avec jusqu’à des allures légales. Pour les plus téméraires qui souhaiteraient utiliser leur Viper même en Hiver, il existe depuis 1995 un hard top à double bossage qui ne manque pas non plus d’allure. Au volant, on retrouve cette impressionnante démesure : la planche de bord large et massive (ici celle du restylage de 96 avec l’airbag), la direction et les commandes camionnesques, une finition rustique faite de cuir bas de gamme et de plastiques encore plus indécents et un équipement relativement dépouillé…
Qu’importe, tout ceci n’est rien, en comparaison de ce qui vous attend sous le capot ! A noter que Chrysler va modifier pour la première fois la présentation de la Viper en 1996, à l’occasion de la sortie du coupé GTS, avec de nouvelles jantes et une décoration extérieure nouvelle. Mais rien de nouveau sous le capot en revanche, ni dans l’habitacle en dehors de quelques équipements, enfin de série, comme l’airbag ou la climatisation. L’ultime et dernière évolution aura lieu au millésime 1999, la Viper adoptera les jantes de 18″ à 5 larges branches du coupé.