Chrysler Town Country 1948
Feb 25, 2008
By admin
Filed in Annee 1940, Chrysler
La Town & Country est une des Chrysler les plus recherchées de nos jours. Et avec raison car ce sont des véhicules d’un look tout à fait exceptionnel! Chrysler fut un des premiers constructeurs américains à introduire ce style ” woody ” qui fit fureur à l’époque.

Dans leurs publicités, les constructeurs automobiles sont toujours très fiers de présenter les appliques de bois (quelquefois véritables) qui ornent leurs tableaux de bord. Mais le bois, empressons-nous de leur rappeler, ne date pas d’hier. Il fut même un temps, avant le plastique, où ce matériau prenait toute la place…
Bien peu de gens connaissent les « woodies », ces voitures possédant des panneaux de carrosserie en bois. En fait, l’expression « woodies » réfère à une période très précise de l’automobile, comprise entre la fin des années ‘30 et le début des années ‘50. Durant ce temps, avec un hiatus de quelques années durant la seconde Guerre mondiale, la plupart des constructeurs de la planète n’a pu résister à la mode du bois. La Chrysler Town & Country de Jean-Pierre Cholette que nous vous présentons dans le cadre de notre série « Les grands moments de l’automobile » constitue sans doute le plus bel exemple de cette époque

En fait, l’expression « woodie » prend ses sources… dès les premiers véhicules à moteur. Les toutes premières voitures ont été fabriquées entièrement en bois. Inépuisable, facile à entreposer et malléable, le bois était aussi connu depuis des siècles et ses propriétés parfaitement maîtrisées. Puis, lorsque la production automobile s’organise, les châssis sont fabriqués en métal mais les carrosseries et les montants qui en forment l’ossature demeurent en bois.

Peu à peu, les constructeurs entourent le cadre de bois avec du métal, ce qui ajoute énormément à la rigidité structurelle des automobiles. En 1914, les frères Horace et John Dodge, arrivent sur le marché avec une voiture… tout en métal ! Cette révolution marque le début d’une ère nouvelle et le métal s’impose de plus en plus. (Précision : À quantité égale, le bois est plus léger que le métal mais puisqu’il faut beaucoup plus de bois pour obtenir la même solidité que le métal, il est plus avantageux d’utiliser ce dernier matériau). De plus, les panneaux de métal fraîchement peinturés sèchent infiniment plus rapidement que ceux en bois puisqu’il est possible de les chauffer à des températures très élevées. Malgré des coûts de production élevés (conception et fabrication des presses, soudure, etc), le métal survit et remplace graduellement le bois pour prendre toute la place. Puisque le nombre de voitures produites va sans cesse en grandissant, les coûts de production des voitures tout métal sont diminués d’autant.

Cependant, les « station wagons », ces véhicules utilitaires construits à partir de châssis de camion, continuent d’être bâtis selon la bonne vielle méthode des panneaux de bois. Puisque leur nombre est plus restreint que celui des automobiles, il est ainsi possible pour les manufacturiers d’économiser sur les coûts de fabrication. Durant les années ‘30, à cause de leur relative rareté, ces « woodies » commencent à jouir d’une certaine aura. À peu près au même moment, les constructeurs américains entreprennent la construction de leurs « station wagons » à partir de châssis d’automobiles. Ils n’hésitent donc pas, à la fin des années ‘30, à recréer des panneaux et une ossature en bois, question de profiter de l’engouement des consommateurs pour ce noble matériau.

C’est ainsi qu’en 1941 naît le « woodie » le plus marquant, la Chrysler Town & Country. Cette voiture est d’abord présentée en version familiale (station wagon). Après une pause forcée de trois années à cause de la guerre, la T&C revient, non pas en modèle familial, mais plutôt sous la forme d’une berline quatre portes et d’un cabriolet. Si le châssis, la partie avant, les ailes arrière et le toit de la berline sont fabriqués en métal, tout le reste est fait de frêne, recouvert d’acajou. La plupart des manufacturiers qui proposent des « woodies » font fabriquer les carrosseries en bois par des sous-traitants. Mais Ford et Chrysler ont leurs propres ébénistes. Chez Chrysler, par exemple, les caisses de bois sont fabriquées sur un étage de l’usine puis emmenées sur la chaîne de production régulière pour être mariées aux châssis.
