CHRYSLER AIRFLOW 1938 VERT de SIGNATURE 1/18
Mar 1, 2008
By admin
Filed in Annee 1930, Chrysler

Chrysler Airflow
Chrysler par Jean Michel Prillieux
Chrysler sur le site Caradisiac
1. Un rôle de précurseur
Chrysler fut aux Etats Unis le précurseur dans le domaine de l’aérodynamique
liée à l’automobile de série. Mais être le précurseur dans un domaine technique
ne suffit pas pour assurer un succès commercial. Nombreux sont dans l’histoi-
re industrielle les entrepreneurs à avoir eu raison trop tôt !
La crise de 1929 fit douter Walter Percy Chrysler qui envisagea un temps de
fermer son département des essais. La naissance de l’Airflow doit beaucoup
à Harold Hicks, qui travaillait alors dans ce service, et qui réussit à convaincre
son employeur qu’une bonne recherche aérodynamique pouvait largement con-
tribuer à réduire la consommation en carburant et à obtenir des gains en
vitesse de pointe.
2. Le public est surpris
L’audace esthétique de la Chrysler Airflow présentée au salon de New York
en février 1934 ne laissa personne indifférent. Pourtant, elle fut considérée
comme laide par une majorité du public. Celui ci avait encore à l’esprit les for-
mes cubiques des années 20, et son oeil n’était pas suffisamment habitué aux
contours galbés et totalement inédits de l’Airflow.

Un design déroutant
Nous étions pourtant en pleine ” Streamline decade “, à savoir la décennie du
profilage. Sur l’Airflow, la grille de radiateur verticale faisait place à une ca-
landre arrondie et à des phares intégrés, qui manquait toutefois d’élégance et
d’inspiration. Le dos de l’Airflow était effilé, ses ailes avant encastrées et ses
ailes arrière carénées. Mais ce dessin trop en avance sur son temps ne parve-
nait à séduire que 10 839 acheteurs en 1934.


Chrysler avait pris soin de diversifier son offre
La voiture était proposée sous la marque Chrysler avec des motorisations huit
cylindres, mais aussi De Soto avec de plus modestes six cylindres. Plusieurs
niveaux de finition et d’empattement étaient disponibles. Les autres marques
du groupe, Dodge et Plymouth, ne sacrifièrent pas à la mode des formes
aérodynamiques de l’Airflow.
Les arrières furent en effet assurés avec des modèles plus conventionnels
construits par la firme de Highland Park, ou par ses satellites De Soto, Dodge
et Plymouth.

Face à l’adversité, Chrysler jette l’éponge
L’Airflow ne fut pas ménagée par la concurrence, qui mena une campagne insi-
dieuse de dénigrement, en affirmant que la voiture était ratée. Des retards de
production contribuèrent également à la mauvaise image de ce modèle. Pendant
ce temps, Ford et General Motors s’étaient contentés de moderniser discrè-
tement leurs carrosseries, avec plus de succès.
La face avant fut remaniée pour 1935 sous une forme plus classique, mais le
niveau des ventes chutait de nouveau à 7 751 exemplaires. La production de
l’Airflow était suspendue en 1937.

L’Airflow copiée à travers le monde
L’histoire a rendu hommage à l’Airflow, en lui accordant le statut de précur-
seur des carrosseries aérodynamiques. La belle américaine avait ouvert la voie
à d’autres créations plus travaillées en osant une nouvelle vision du design
automobile. Les Peugeot 402, Volvo PV 36 Carioca et Toyota AA pour ne
citer que les plus connues s’en inspirèrent largement.
Chrysler tira les leçons de cette échec, et demeura dans un certain conserva-
tisme esthétique jusqu’au milieu des années 50.
