La 204 Présenté officiellement le 23 avril 1965 au Palais des Sports à Paris,le projet D12, alias la 204, était déjà connu depuis de nombreux mois dupublic, car l’Auto-Journal avait publié, dès juin 1963, les premiers dessins de la voiture et les premières photos définitives en décembre 1964. Petite anecdote au passage : l’Auto-Journal avait présenté les photos d’une “204″ en 1959, mais il s’agissait en fait de la future 404 qui allait sortir en mai 1960.


Le 23 avril 1965 est une date importante pour le constructeur du Doubs, préparée depuis longtemps chez tous les concessionnaires et agents de la marque. Les premières 204 livrées en caisse le 22 avril font l’objet, depuis le 5 avril, d’une campagne publicitaire où le marketing a été particulièrement bien étudié pour accueillir le nouveau modèle au milieu des 404 et des 403 (ces dernières vivent leurs derniers mois de production). Le suspense est soigneusement entretenu, particulièrement à partir du 14 avril avec la mise en place du matériel publicitaire dans toutes les concessions (plaquettes, banderoles, monogrammes “204″, pancartes, cocardes…). Le service de presse Peugeot (qui était alors installé avenue de Friedland à Paris) a demandé à la presse de ne rien dévoiler à son sujet avant le 20 avril au matin, en échange des essais qui eurent lieu pour elle début avril, dans la banlieue ouest de Paris, suivant trois trajets soigneusement établis.

En mars 1966, une nouvelle version est lancée pour compléter la 204 grand luxe : la berline luxe. Il s’agissait d’une version simplifiée sans ventilateur débrayable ni assistance de freinage (proposé depuis la même époque sur les berlines grand luxe). Elle fut vendue pas mal auprès des administrations et de l’armée, généralement de couleur noire avec des sièges en skaï rouge.

La sortie de la 204 permettait enfin à Peugeot de jouer dans la cour des grands, car n’oublions pas qu’à cette époque le Lion n’est que le quatrième constructeur français derrière Renault, Citroën et Simca, qui eux proposent depuis longtemps des gammes beaucoup plus variées. A l’époque, l’image de marque est très différente d’un constructeur à l’autre, celle de Peugeot paraît très traditionnaliste, paternaliste et dénuée d’innovations ou d’originalités comme Citroën, Panhard ou même Simca pour qui l’Aronde est depuis plusieurs années l’exemple vivant de l’importance d’un modèle populaire de milieu de gamme. Détail amusant, la même année Renault sort la R 16 pour concurrencer la 404, tandis que Peugeot sort la 204 pour concurrencer la R 8 (et la R 10 qui sera présentée en juillet 1965). Face à la nouvelle Peugeot, la concurrence mettra du temps à réagir. Le premier sera Simca avec la sortie de la 1100 en 1967 (plusieurs ingénieurs transfuges de chez Peugeot participeront à sa création…), le second sera Renault avec la R12 en 1969 et en dernier Citroën avec la GS en 1970. Au lancement de la 204, le marché des moins de 7 chevaux fiscaux représentait déjà plus de 65 % du parc automobile français.

Les modèles des années 1960 restent dans les esprits : la 404, dessinée également par Pininfarina, dotée du premier moteur français à injection et la 204, première traction avant de la marque équipée d’un moteur transversal en aluminium à arbre à cames en tête, à quatre roues indépendantes et freins à disques à l’avant. Toujours au cours des années 1960, Peugeot accroît son développement international. C’est ainsi que ses ventes réalisées hors France, qui représentaient 40 % de sa production en 1965 passent à 54 % en 1973.


Le développement international de Peugeot s’appuie dorénavant sur un réseau de filiales d’importation, dont la première est créée en 1966 en Allemagne. Suivent très rapidement celles de Belgique, de Grande-Bretagne, d’Italie et de Suède.
Copyright François Allain avec l’aimable autorisation de l’auteur.



























